
Sentier Courbet 1 : Ornans et l'enfant du pays
« Gustave Courbet naquit le 10 juin 1819 à Ornans, petite ville de Franche-Comté, dans la vallée de la Loue. Nulle terre aussi bien que celle-là ne semble avoir été préparée pour être le berceau d’un peintre. » Jules-Antoine Castagnary, critique d’art, 1881.
Né à Ornans en 1819, le peintre Gustave Courbet garde toute sa carrière un fort attachement aux paysages de sa ville natale, ses habitants, leurs activités et la Loue. Les sujets qu’il y puise et sa propre origine rurale et paysanne sont au cœur de son inspiration et sa révolution réaliste.
Les 13 patrimoines à découvrir

Anonyme - La maison de Courbet, n.d. Crayon graphite et encre sur papier vélin - Inv. 1976.1.26 - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo: Pierre Guenat
HistoireHôtel Hébert, maison d’enfance et musée
C’est dans cette demeure, construite au XVIe siècle et transformée au XVIIIe, que la tradition situe la naissance du peintre Gustave Courbet en 1819.
Sa famille la louera par la suite après l’incendie de la ferme de Flagey en 1827. En 1970, Les amis de Gustave Courbet l’achètent et y créent le musée Courbet. Six ans plus tard, le bâtiment et la collection sont cédés au Département du Doubs.
Le musée départemental Gustave Courbet s’étend depuis 2011 sur trois bâtiments, l’hôtel Hébert, inscrit en partie aux monuments historiques, et deux autres maisons mitoyennes : l’hôtel Champereux et la maison Borel.

Anonyme - Ornans. L 157 - Le Séminaire, N.d Carte postale photographique Ornans, Musée départemental Gustave Courbet - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Aurélia Channaux
HistoireLe petit séminaire
S’il n'en reste aujourd’hui plus rien, c’est à cet emplacement que se situait le petit séminaire d’Ornans que Courbet a intégré durant l’année scolaire 1830-1831. Dans cette école ecclésiastique réservée à la bourgeoisie, Courbet a rencontré de nombreux amis qui le suivront à Paris, en particulier Max Buchon (1818-1869) qui deviendra le « poète du Réalisme ».

La fontaine du Pêcheur de chavots - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Aurélia Channaux
HistoireLe Pêcheur de chavots
Première sculpture de Courbet, offerte à la ville et installée en 1866, la fonte Le Pêcheur de chavots symbolise l’attachement du peintre à son pays natal.
Après la participation de ce dernier à la Commune de Paris en 1871, elle est rendue à l’artiste.
Ce n’est qu’après la mort de Courbet que sa sœur donne à la ville un second exemplaire afin qu’il retrouve sa place sur la fontaine. Cependant, le Pêcheur connaît au cours du XXe siècle plusieurs dégradations. Il est alors déplacé en 1994 à l’Hôtel de Ville d’Ornans et une copie le remplace.

Emile Vernier (1829-1887) - Les Casseurs de pierre, d’après Courbet, vers 1860 - Lithographie - Inv. 1976.1.90 - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Pierre Guenat
HistoirePlace des Isles Basses : premier atelier du peintre
Après la disparition des grands-parents maternels du peintre, ses parents héritent de leur maison place des Isles Basses, aujourd’hui place Courbet. Son père lui installe en 1849 son premier atelier au grenier. Courbet l'aménage et y peint un ciel azur constellé d'hirondelles.
Un motif repris dans son second atelier. Dans cet atelier exigu, l’artiste réalise l'un de ses plus grands formats :
Un Enterrement à Ornans (Musée d'Orsay). C'est également ici qu'il peint Les Casseurs de pierre (œuvre détruite), autre œuvre majeure du réalisme

Hôtel de France, 1936 - Carte postale photographique - Anonyme © Pays d’Ornans Patrimoine
Monuments et architectureHôpital Saint-Louis
En partie classé aux monuments historiques, l’hôpital Saint-Louis d’Ornans était un établissement religieux qui venait en aide aux plus pauvres, accueillant dès 1834 un
orphelinat pour jeunes filles.Juliette Courbet, sœur de l’artiste, œuvrait en tant que bienfaitrice dans cet établissement, léguant à la fin de sa vie de nombreux objets dont une importante tapisserie encore visible dans le hall. Du temps de Courbet, la ville d’Ornans ne s’étendait pas plus loin, faisant de son atelier construit en 1860, un atelier « dans la campagne ».

Vue de l'intérieur de l'atelier Courbet - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Aurélia Channaux
Monuments et architectureSecond atelier du peintre
Courbet acquiert à la fin des années 1850 des terrains en périphérie de la ville et une fonderie qu’il aménage en maison-atelier. Cet atelier dans lequel il créa de nombreuses toiles importantes dont L’Hallali du cerf (musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon) conserve un décor exceptionnel de la main du peintre.
À sa mort, sa sœur y crée un musée : « C’est dans la ville qui a été son berceau que je désire placer, comme dans un salon de famille, les œuvres les plus caractéristiques de sa vie ».
Lorsqu’elle décède, ses légataires le vendent à des marchands de vin. En 2007, le Département du Doubs l’acquiert et le restaure, en l’intégrant aux sites du Pôle Courbet.

Gustave Courbet (1819-1877) - Le Miroir d'Ornans ou Vue d'Ornans, vers 1872 - Huile sur toile - MNR 181 - Inv. D.1953.1.1 - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Pierre Guenat
HistoireMiroir d’Ornans
Courbet a peint de nombreux tableaux dont la Loue est le motif principal. Si la rivière est souvent tumultueuse, certains endroits offrent des surfaces calmes, propices aux reflets, appelés miroirs.
Probablement peint depuis les terrains de son atelier qui s’étendaient des falaises jusqu’à la Loue, Le Miroir d’Ornans (musée départemental Gustave Courbet) permet au peintre de se livrer à de beaux effets de matière, traités au couteau et typique de ses paysages.

Claude-Antoine Beau (1792-1861) - Saint-Vernier, vers 1837 - Huile sur toile - Dépôt de la Ville d'Ornans - Inv. D.1984.1.1 - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Pierre Guenat
Monuments et architectureÉglise Saint-Laurent et son maître-autel
Présentée au-dessus du maître-autel de l’église d’Ornans jusqu’en 1984, avant d’être déposée au musée Courbet, cette œuvre prend pour modèle un petit fils de vigneron : Gustave Courbet.
Le saint, identifiable par ses attributs, pied de vigne, serpette, et chien, protège la viticulture, l’une des activités économiques les plus importantes dans la vallée de la Loue au XIXème siècle. Réalisé par Claude-Antoine Beau (1792-1861), dont Courbet fut élève, ce portrait est caractéristique de l’art religieux populaire, ancré dans un contexte de dévotion locale.
Tombe de Gustave Courbet - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Aurélia Channaux
HistoireLe cimetière d’Ornans et la tombe de Courbet
nhumé en Suisse le 3 janvier 1878, en raison de l'exil politique du peintre, il faudra attendre 1919 pour quel le corps de Courbet rejoigne Ornans.
Une courte cérémonie est organisée pour son retour au pays, dans le cimetière même au Courbet situe la scène de son tableau manifeste de 1850 Un Enterrement à Ornans (musée d’Orsay).
Les autorités ecclésiastiques refusent cependant de célébrer des obsèques religieuses et les représentants officiels sont peu nombreux. Personne ne relève alors l'erreur de la date de naissance gravée sur la tombe : Courbet est né le 10 juin et non le 10 août (jour de naissance de son père Régis.)
Gustave Courbet (1819-1877) - Un Enterrement à Ornans, 1848-1849 Fusain - Inv. D.3980 - © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie / Photo : Pierre Guenat
HistoireUn Enterrement à Ornans
Exempté de devoir présenter ses œuvres au jury du Salon officiel grâce à sa médaille obtenue pour l'Après-dînée à Ornans (Palais des beaux-arts de Lille) Courbet décide, à l'été 1849, de s’atteler à un tableau réunissant près de 40 personnes : Un Enterrement à Ornans. Les ornanais se pressent dans son atelier des isles basses pour figurer sur cette frise humaine de près de sept mètres de long.
Présenté au Salon de 1850, ce tableau est un véritable manifeste du Réalisme, montrant, sans artifice, une scène du quotidien d'un village de franche comté, dans un format habituellement réservé au grand genre (traitant des sujets historiques, mythologiques ou religieux).
L’œuvre fait scandale et est l'objet de nombreuses caricatures et critiques acerbes en dénonçant sa « laideur vulgaire »
Gustave Courbet (1819-1877) - Une papeterie à Ornans, vers 1865 - Huile sur toile - Musée départemental Gustave Courbet - Prêt - © Institut Gustave Courbet, Ornans
Savoir-faireLa Froidière : industrialisation et force hydraulique
Dès le XIVe, des moulins et roues s’établissent. La maîtrise de la force hydraulique est améliorée par Etienne Joseph Pouguet (1781-?) qui invente une roue réglable en hauteur, adaptable en fonction du débit de la rivière, n’obstruant ni la navigation, ni le flottage du bois. Ce mécanisme est appelé un « moulin pendant ». Au milieu du XIXe, une trentaine d’usines battent la rivière. Courbet a peint de nombreux tableaux représentant l’industrie sur la Loue.

Gustave Courbet (1819-1877) - Le Pont de Nahin, vers 1837 - Huile sur toile - Inv. 1976.1.4 - © Musée départemental Gustave Courbet / Photo : Pierre Guenat
Monuments et architectureLe pont de Nahin
Comme le Grand Pont, le pont de Nahin, rompu lors d’une crue en 1571, est reconstruit en pierre en 1607 et restauré en 1775. En 1839, alors interne au collège royal de Besançon, Gustave Courbet choisit ce pont, le plus ancien d'Ornans, comme l'un de ses premiers sujets picturaux.
Dans ce petit format transparaît un style encore naïf, mais déjà prometteur. Une version plus tardive représente également le pont de Nahin, baigné cette fois par la lumière du crépuscule.
Anonyme - Hôtel de France, 1936 - Carte postale photographique - © Pays d’Ornans Patrimoine
Monuments et architectureHôtel de France
Lieu emblématique de la vie sociale ornanaise, l'Hôtel de France est une institution présente depuis le XVIe au cœur de la ville, alors connu sous le nom de l'Hostellerie du Soleil d'Or. Lieu de villégiature, il accueille les nombreuses connaissances de Courbet de passage dans la vallée. Parmi elles figure Mathilde Carly de Svazzena, avec laquelle le peintre entretiendra une intense correspondance érotique avant de s'exiler en Suisse, des suites participation à la Commune de Paris.
Description
Suivez le balisage Courbet jaune et bleu "Parcours de vie".
- Au départ du Musée Courbet, prenez la Rue Saint-Laurent puis tournez à droite pour emprunter la Passerelle sur la Loue afin de rejoindre la Place Gustave Courbet.
- Prenez ensuite à gauche Avenue du Président Wilson et poursuivez tout droit jusqu’à l’Atelier Courbet.
- Revenez sur vos pas puis descendez à droite Avenue du Général de Gaulle. Traversez le pont puis bifurquer à gauche au carrefour. Continuez jusqu’à l’église Saint-Laurent d’Ornans.
- Après l’église, montez à droite Rue du Vieux Seult, bifurquez à gauche avant la fontaine puis continuez jusqu’au cimetière où est enterré Courbet.
- Revenez sur vos pas et empruntez sur votre droite le Cheminement Courbet. Rejoignez le Musée Courbet puis bifurquez à droite dans la petite Rue de la Froidière afin de vous rendre au Pont de Nahin en longeant la Loue.
- Traversez le pont. Poursuivez à gauche dans la Rue Edouard Bastide puis une nouvelle fois à gauche Rue Jacques Gervais pour rejoindre le Grand pont. Traversez-le pour rejoindre le Musée Courbet.
- Départ : Musée Courbet
- Arrivée : Musée Courbet
- Communes traversées : Ornans
Profil altimétrique
Zones de sensibilité environnementale
Vallées de la Loue et du Lison
- Domaines d'activités concernés :
- Randonnée pédestre, VTT
- Contact :
Lieux de renseignement
Musée Courbet
1 Place Robert Fernier, 25290 Ornans
Transport
Depuis Besançon ou Pontarlier : Ligne LR 204- Mobigo Besançon / Pontarlier via Ornans.
Accès routiers et parkings
Par l’autoroute A36 ou A39
Par la route N57 ou N83
Depuis Besançon, prendre la route de Morre puis la N57. Sortir direction Ornans et continuer sur la D67.
– Parking « Maison des Services » (64 places, zone bleue, stationnement limité à deux heures).
Accès : par la rue Saint-Laurent, après le Grand Pont (1ʳᵉ ruelle à gauche).
Ce parking est accessible aux personnes à mobilité réduite (trois places de parking réservées). Prendre l’ascenseur : le musée se situe sur la place Robert Fernier, en face en sortant de l’ascenseur, au niveau -1.
– Parking de l’Église (50 places, stationnement libre, gratuit et illimité)
Accès : 2 Rue du Champliman.
– Parking de la Plante (200 places, stationnement libre, gratuit et illimité).
Accès : rue des Martinets/rue de la Plante.
Stationnement :
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